lundi 31 mars 2008

Uluru et les Olgas

Nous nous levons très top pour voir le levé de soleil sur Uluru (aussi appelé Ayers Rock). Le long de la route qui fait face à Uluru une centaine de touristes mitraille la muraille rougissante de la grosse pierre.
Uluru est une seule et unique pierre faite de grès (vue du haut). Au cours de sa formation, un plancher océanique a été soulevé et une partie s'est retournée, donnant naissance à Uluru. L'orientation des des strates est de pratiquement 90 degrés avec l'horizon. Il y a des millions d'années sa hauteur était considérable mais l'érosion l'a fait diminué a sa taille actuelle de 348m. Nous faisons le tour du monolithe à pieds (un peu moins de dix kilomètres). La pierre présente des aspects très divers, parfois lisse, parfois rainurée, parfois comme mangée aux mites. Uluru est rouge mais uniquement à cause du sable qui la teinte car la couleur du grès est grise. C'est un lieu sacré pour les Anangu, le peuple aborigène à qui le terrain appartient. Le relief et les accidents de la roche sont liés au folklore des Anangu. On peut ainsi suivre tout le long du parcours la bataille entre Kuniya, la femme python, et Uluru, le serpent venimeux.
La deuxième étape de la journée sont les Olgas (Kata Tjuta), un ensemble de rochers qui sont posés dans le désert. La roche est ici un conglomérat de galets. Le plus haut sommet culmine à 546m. Nous avançons en file dans une gorge d'une hauteur impressionnante. Le chemin sinue entre deux parois verticales. Nous croisons plusieurs fois le lit d'un cour d'eau éphémère peuplé d'herbes sèches, de cailloux et d'eucalyptus. Le vent qui s'engouffre dans ce goulet fait bruisser les feuilles. Le fond de la gorge se termine par une étroite ouverture lumineuse qui se reflète sur une petite marre.
Nous avons une après-midi "libre" que nous mettons à profit pour aller au centre culturel du Yulara resort. Cet établissement est vraiment grand, riche et pas très respectueux des aborigènes nous apprend le guide. Un incendie majeur s'était déclaré dans le complexe et les Anangu furent appelés à l'aide. Ceux-ci pratiquent traditionnellement la mise en valeur par le feu de leurs terres, si bien qu'ils ont une très bonne maîtrise du feu. En une demi-heure ils avaient sauvé le beau resort des flammes mais n'ont eu pour toute récompense qu'une caisse de sandwichs.
Dans la soirée nous retournons voir Uluru, encore. Cette fois on nous parle des différents lieux de vie. Par exemple nous allons visiter une grotte qui servait de cuisine. Un sentier nous mène à un point d'eau où les chasseurs s'en prenaient aux kangourous.


Tôt le matin

Uluru se réveille

Un peu plus tard la pierre rougeoie





On dirait une trace de pieds de dinosaure !



Voyez-vous le serpent ?

Panorama des Olgas

La pierre est un conglomérat.



Une des parois, un refuge d'oiseaux.



Dans l'autre sens, sur le chemin du retour.

De retour à Uluru

Le lieux de chasse est un trou d'eau

Uluru se couche

Essai photographique de prise de vue des étoiles. Le ciel est si clair que ça marche! Les quatres étoiles formant un cerf-volant (ainsi que le cinquième point quasiment sur une des segments) forment la croix du sud.

dimanche 30 mars 2008

Kings Canyon

Pour traverser le désert jusqu'à Adélaide il nous est apparu comme préférable de réserver des places dans un bus au près d'un tour opérateur plutôt que d'y aller par nos propres moyens. Ce matin le bus passe nous prendre a 4h45 devant le backpacker, ce qui vous laisse présumer de l'état de fraîcheur dans laquelle nous nous trouvons. Malgré l'heure matinale deux personnes viennent discuter avec nous pendant le petit déjeuner sur les tables de camping, l'une ne dort pas car elle a mal a l'oeil, l'autre papote un moment avant de demander une cigarette. Là encore je retrouve vraiment l'ambiance Darwin. Devant l'hôtel nous rencontrons une japonaise et deux belges qui vont également participer au voyage. Le bus arrive assez en retard bien qu'il soit presque vide. Après différents arrêts devant d'autres hôtels, il sera bientôt plein: les deux belges et la japonaise, une suisse, quatre anglaises et deux anglais, deux parisiens, deux sud-africains, une espagnole, une allemande, une taiwanaise, deux coréennes, le chauffeur/guide australien et nous deux. Le guide nous informe que nous faisons route vers Kings canyon. Nous roulons à toute vitesse vers le sud sur la Stuart highway (CARTE). Le sol est rouge avec des touffes d'herbes jaunes. Des arbustes noirs lancent leurs bras dénudés vers le ciel. La végétation se fait parfois très rare. Tout ce rouge, bienvenue sur la planète Mars.
Nous nous arrêtons dans une "grosse" station essence qui est même indiquée sur la carte à l'égale d'une ville, c'est Erldunda. C'est dire combien il n'y a rien autour.
Arrivé à Kings canyon nous remplissons nos précieuses bouteilles d'eau à un robinet qui tient lieu d'oasis pour les oiseaux. Un escalier de pierre à la pente très raide conduit au sommet. Le guide nous explique que les parois du canyon sont inversées sur sa partie haute. Une personne se tenant au bord du précipice ne reposerait que sur quelques centimètres de grès friable, ce qu'il nous déconseille de tenter. Les stratifications de la roches sont très marquées si bien que le paysage semble passé au râteau. Quelques rares végétaux, dont des plantes ressemblant à des palmiers sans tronc. Ce sont des cycades, de vrais fossiles vivants qui servaient de pitance aux dinosaures. Le canyon s'ouvre soudain devant nous sur toute sa hauteur, très impressionnant. Dans le fond du défilé un petite marre subsiste. Elle contient une espèce endémique de grenouille!
La route reprend, vers Uluru cette fois, la figure emblématique de l'Australie. Nous faisons bientôt relâche dans une autre station essence, une cahute, qui fait également office de bar, ou vice-versa. C'est le dernier endroit où nous pouvons acheter de l'alcool avant deux jours nous dit le guide. L'intérieur du bar est orné de brèves de comptoir encadrés et de photos dont l'une montrant l'arrivée d'une effrayant tempête de sable. Les boissons sont proposés à des prix très déraisonnables.
Nous passons devant le mont Conner que beaucoup méprennent pour Uluru. Le bus nous dépose finalement à une plateforme d'observation où nous pouvons photographier le vrai Uluru. Le gros rocher apparaît tout rouge-rose. A l'ouest une autre formation rocheuse, les Olgas (Kata Tjuta pour les aborigènes) joue aux ombres chinoises devant le soleil qui disparaît sous l'horizon.
Le soir nous avons un copieux et traditionnel barbecue et nous passons la nuit dans des tentes "en dur", comme celles que j'avais rencontré à Kakadu. Le luxe, ici il y a de vrais lits avec matelas.


Oasis aux oiseaux

Mars

Ca monte rude

Le canyon

Délicatesses pour dinosaure



Un panorama de la face sud




Attention a la marche

Le mont Conner


Uluru

Kata Tjuta

samedi 29 mars 2008

Alice Springs

Aujourd'hui nous démarrons un grand périple couvrant un bon quart de l'Australie, depuis Alice Springs jusqu'à Sydney, en passant par Uluru, Adélaide, la Great Ocean Road et Melbourne. Anne-Laure est arrivée à Brisbane la semaine dernière et nous allons réaliser ce voyage de deux semaines ensemble [Allez donc aussi voir son blog en clicquant ICI elle a également publié de jolies photos et des commentaires]. Comme je vous le montre sur cette CARTE, nous prenons l'avion a Brisbane pour nous rendre a Alice. Une couche nuageuse qui nous bloquait la vue s'est finalement déchirée peu de temps avant notre arrivée. Les nuages forment alors étrangement des lignes parallèles qui projettent des ombres comme des ondulations au fond d'une piscine. Le sol est comme de cuir, tâché de différentes teintes de rouges. Des veines vertes courent sur le sol; ce sont des routes droites sur des kilomètres et bordées de la seule verdure visible. Nous débarquons directement sur la piste d'atterrissage. La terre est rouge.
La chauffeuse du bus qui nous conduit en ville nous montre a quoi ressemble un rivière dans l'outback. La plus grande partie de l'année le lit de la rivière est a sec, uniquement signalé par des caillasses et des gommiers rouges (red river gums, un type d'eucalyptus). La rivière coule toujours mais en sous-sol, si bien qu'il est possible de trouver de l'eau en creusant un trou de plusieurs dizaines de centimètres. Tous les ans une course de bateau sans fond est organisée, les participants courent dans le lit sableux tout en tractant leur embarcation.
Le centre d'Alice se visite en moins d'une heure, avec une rue piétonne comportant surtout des boutiques pour touristes et quelques vieux "bâtiments" encore moins typiques qu'à Darwin. Nous sortons par un chemin du nord de la ville qui doit nous conduire au relais télégraphique qui a été à l'origine de la création de la ville. Le trou d'eau situé à côté de ce relais a donné son nom à la ville, Alice springs. Alice était le nom de la femme de Sir Charles Todd, le receveur général des postes (et astronome) qui fonda la ville. Todd donna son nom à la rivière éphémère, la Todd river. Le chemin nous fait longer cette rivière. Des aborigènes sont rassemblés par petits groupes dans le lit sableux et boivent des bières à l'ombre des gommiers. Tout le long de la ballade nous allons rencontrer des cartons de bière. Le ciel est dégagé et le soleil très fort avec une petite brise. Nous apercevons quatre aigles magnifiques qui tourbillonnent un moment au-dessus de nos têtes avant d'aller se percher, à bonne distance, dans les branches d'un eucalyptus. Plus loin un kangourou de bonne taille bondit hors des herbes sèches et semble nous ouvrir la voie. La route nous semble peu sure, nous ne savons pas si nous avons bifurqué au bon moment et nous n'avons pas d'eau, nous préférons rebrousser chemin.
Le soir arrive, le point de vue situé sur l'Anzac hill permet d'apprécier combien Alice est petite, pas très belle et entourée de reliefs désertiques. Au centre il y a cette a curieuse trouée dans la chaîne de montagne des MacDonnell où nous allons nous engager demain pour partir vers le sud.


Todd street - une rue animée

Todd mall - la rue commerçante

La Todd river - a comparer avec ceci

La Todd river - et ses gommiers

Sur le chemin du télégraphe

Trouée des MacDonnell ranges et Alice springs vue de l'Anzac hill